Ce numéro spécial – le septième – présente 100 femmes et hommes qui conçoivent, réalisent, accompagnent et évaluent les projets urbains. À lire leurs portraits, ils et elles affirment surtout leur détermination à réparer la ville : en prêtant attention aux sols et au métabolisme urbain, dans la suite des travaux de Sabine Barles, Grand Prix de l’urbanisme ; en améliorant l’habitabilité des villes, de l’échelle du logement à celle du grand territoire ; en intégrant la résilience et l’adaptation dans chaque projet ; en accueillant le réemploi comme un élément guidant la conception urbaine ; en s’adressant à tous types d’usagers ; en intégrant l’eau comme risque et comme ressource ; en sortant du tout-béton ; en impulsant des dynamiques collectives et en fonctionnant en réseaux pluridisciplinaires.
Dans une période à la fois porteuse d’enjeux, lourde d’incertitudes et animée par une effervescence intellectuelle sur les nouveaux chemins qui s’offrent à nous, Traits urbains vous souhaite une année 2026 réparatrice et vivifiante.
C’est dans cet esprit que le palmarès des « 100 qui font la ville », qui récompense les personnalités les plus engagées en faveur des transformations urbaines et territoriales, a été dévoilé mardi 27 janvier 2026, au cours d’un dîner à l’Intercontinental Opéra, réunissant plus de 200 personnes. Cette 7e édition met en lumière des femmes et des hommes sélectionnés par les équipes du magazine Traits urbains et du Forum des Projets Urbains pour leur parcours et leur engagement dans la fabrique urbaine.
Sept acteurs et actrices ont été particulièrement distingués durant cet évènement.
Conceptrice de l’année : Gwenaëlle d’Aboville, Ville ouverte. Diplômée du magistère aménagement de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris La Villette, elle fonde en 2004 l’agence Ville ouverte, rassemblant une équipe pluridisciplinaire d’urbanistes, d’architectes, d’ingénieurs et de cartographes. Elle conçoit la participation citoyenne comme un véritable moteur de projet, au service d’un urbanisme délicat et soucieux d’inclusion, ce qui lui a valu de figurer parmi les nominées au Grand Prix de l’urbanisme 2025.
Aménageur public de l’année : Martin Guespereau, directeur général de l’EPA Paris Saclay. Diplômé de l’Ecole polytechnique et de l’Ecole nationale du génie rural et des eaux et forêts, il a occupé des fonctions clés au sein de l’administration de l’État et de la décision gouvernementale, sur des sujets aussi sensibles que les crises sanitaires, la santé-environnement, l’écologie et l’urbanisme. A la tête de l’Etablissement public d’aménagement de Paris Saclay, il veille aux transformations d’un territoire à la fois scientifique, technologique, urbain et agricole, laboratoire de la ville durable et intelligente.
Aménageur privé de l’année : Yann Aubry, directeur général d’UrbanEra (Bouygues Immobilier). Diplômé de Sciences Po en aménagement et urbanisme, il mène un parcours au service des politiques territoriales et de l’Etat en matière de politique de la ville, d’aménagement du territoire, de transports et de planification, avant de rejoindre Nexity puis Bouygues Immobilier où il s’attache à développer des quartiers mixtes et plus durables.
Promoteur de l’année : Paul Jarquin, président fondateur de REI Habitat. Diplômé d’économie de l’université Panthéon-Sorbonne, il fonde sa société il y a près de 20 ans, et parie sur le bois comme matériau d’avenir pour la ville. Il livre son premier immeuble en bois à Montreuil en 2013. En 2025, la tour Wood Up à Paris, un immeuble de 15 étages et 132 logements, est inaugurée, prouvant que l’on peut construire en bois « haut, durable et désirable ». Il est président de Fibois Ile-de-France.
Conseil de l’année : Romain Paris, directeur d’ALGOE. Docteur en Urbanisme de l’Ecole d’Urbanisme de Paris, ancien directeur de l’urbanisme du Kremlin-Bicêtre et de Montreuil, il intervient aujourd’hui auprès de nombreuses collectivités territoriales dans le domaine de la planification territoriale et des projets urbains, de la santé, de l'immobilier, des transports... Il contribue à faire émerger des solutions qui intègrent la durabilité, la sobriété foncière et la résilience territoriale.
Enfin les deux « personnalités de l’année » ont été dévoilées.
Emmanuelle COSSE, présidente de l’Union sociale pour l’habitat. Très tôt, elle fait le choix de l’engagement. Militante (Fidl, Act-up Paris, Europe Ecologie Les Verts) avant d’être dirigeante, elle investit les sphères institutionnelles sans jamais renoncer à ses convictions, dans les domaines du logement et de la ville. Elle rejoint en 2020 Batigère comme directrice des stratégies immobilières et environnementales. Présidente de l’USH depuis 2020, elle a été nominée pour le Grand Prix de l’urbanisme 2025.
Et Jean-François Monteils, président de la Société des Grands Projets. Ancien élève de l'ENA, diplômé de Sciences Po et de l’Inalxo, il a occupé des postes clés dans l’administration française, notamment dans les Services du Premier ministre et au secrétariat général du ministère de l’Ecologie. Il est depuis 2021 président du directoire de la SGP, maître d’ouvrage du déploiement du Grand Paris Express, aujourd’hui chargée d’intervenir sur l’ensemble du territoire national pour accompagner les collectivités locales dans leurs ambitions de mobilité durable.

