La SPLA-IN AMP lance un troisième appel à manifestation d’intérêt pour poursuivre le recyclage de l’habitat ancien dégradé. Ce nouvel AMI repose sur une stratégie d’attributions progressives d’immeubles aux bailleurs sociaux.
La Société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix-Marseille Provence (SPLA-IN AMP) pose un nouveau jalon de sa stratégie de requalification de l’habitat ancien dégradé dans Marseille. Mi-janvier 2026, l’aménageur public a lancé un troisième appel à manifestation d’intérêt (AMI) à destination des bailleurs sociaux, prolongeant une démarche engagée depuis 2022 sur le centre-ville et le secteur nord de Marseille.
Après deux premières consultations en décembre 2022 et janvier 2024, ce nouvel AMI confirme un mode opératoire désormais éprouvé : organiser, sur le temps long, la cession d’immeubles acquis et sécurisés par la SPLA-IN AMP, afin de les transformer en logements sociaux. Une ambition cruciale dans un tissu urbain ancien marqué par la dégradation du parc privé et la balkanisation foncière. Avec en prime un déficit de l’offre de logements sociaux conventionnés.
Des attributions progressives, en « flux »
Principale singularité de ce troisième AMI : les immeubles ne sont pas attribués en une seule fois. Ils sont regroupés en « paniers d’adresses » cédés progressivement aux lauréats, au rythme des acquisitions et des mises en sécurité réalisées par l’aménageur. Chaque panier rassemble en moyenne une dizaine d’immeubles, représentant environ 2 000 m² de surface de plancher existante.
À l’issue de la consultation, un jury composé de la Métropole, de la Ville de Marseille, de l’État, de l’EPA Euroméditerranée et de la SPLA-IN AMP retiendra jusqu’à quatre candidats. Les paniers seront ensuite attribués selon un principe tournant, afin de lisser les risques opérationnels et d’assurer une montée en charge progressive des projets, dans un contexte d’acquisitions elles-mêmes réalisées en continu.
Un premier périmètre à la Belle-de-Mai
Le premier panier proposé dans le cadre de cet AMI n°3 concerne sept adresses, majoritairement situées dans le quartier de la Belle-de-Mai (3e arrondissement). Ces immeubles R+3 et R+4, implantés rues Clovis-Hugues, Roger-Schiaffini et Sainte-Françoise, totalisent 32 logements pour près de 1 900 m² de surface de plancher. Après réhabilitation, ils pourraient accueillir environ 25 logements sociaux.
Ces immeubles, identifiés de longue date par la SPLA-IN AMP, seront cédés au bailleur ou au groupement de bailleurs classé en tête à l’issue de la procédure.
Réhabiliter d’abord, démolir lorsque nécessaire
La doctrine opérationnelle reste inchangée : la réhabilitation est privilégiée chaque fois que les diagnostics techniques le permettent. Dans ce cas, les immeubles sont cédés en acquis-amélioré, dans le cadre de conventions de coopération précisant le partage des rôles entre l’aménageur et le bailleur social.
Lorsque l’état du bâti impose une démolition, la SPLA-IN AMP peut céder un terrain nu au lauréat, qui prend alors en charge la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre de l’opération neuve. Dans certaines configurations urbaines spécifiques, notamment lorsque la démolition s’inscrit dans un linéaire majoritairement réhabilité, l’aménageur public peut conserver la maîtrise d’ouvrage, selon des modalités définies au cas par cas.
Un cadre économique sécurisé
Le prix ne constitue pas un critère de sélection des candidatures. En revanche, les bailleurs retenus s’engagent à acquérir les immeubles sur la base d’une charge foncière forfaitaire de 1 075 € HT/m² de surface de plancher en acquis-amélioré, indexée sur l’évolution récente de l’indice du coût de la construction. Ce montant pourra être ajusté en fonction des contraintes techniques ou des ambitions programmatiques propres à chaque immeuble.
Pour les opérations neuves réalisées sur foncier nu, la valeur de référence de l’ANRU s’applique, soit 1 500 €/m² de surface de plancher valorisée en zone 2.
Comme pour les deux premiers AMI, les projets seront développés via une maîtrise d’ouvrage partagée, la SPLA-IN prenant en charge les travaux de structure (gros œuvre), les bailleurs sociaux assurant les aménagements intérieurs (second œuvre). Un montage inédit permettant de réduire le coût de production pour ces derniers, un enjeu clef dans des opérations dont le coût - souvent supérieur à 4 000 euros/m2 - dépasse les standards habituels de la construction HLM.
Un outil au service du NPNRU
Sur le centre-ville, cet AMI s’inscrit dans la stratégie validée en mars 2022 par le comité national d’engagement de l’ANRU. Les opérations devront respecter un équilibre programmatique de 60 % de PLAI et 40 % de PLUS, en privilégiant les logements familiaux (T3, T4 et plus) lorsque la configuration des immeubles le permet.
Sur le secteur de La Cabucelle-Les Crottes, classé en quartier prioritaire de la politique de la ville, la démarche s’inscrit dans la stratégie validée en mars 2023. L’enjeu est double : reconstituer l’offre démolie dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain et faire basculer un parc social « de fait » vers un parc social « de droit ». La programmation prévoit la création de 62 logements sociaux, avec une répartition de 40 % de PLAI et 60 % de PLUS.
Calendrier
19 février 2026 : date limite de réception des candidatures
Printemps 2026 : désignation des lauréats et signature de la première convention de coopération
Fin 2027 – début 2028 : cession du premier panier d’adresses
Photo : une vue aérienne de la rue d’Aubagne © SPLA-IN
WA

