La Ville de Nancy, la métropole du Grand Nancy et le promoteur City Zen/Nouvel Habitat devront une nouvelle fois revoir leur copie pour compenser l'abandon du projet de tour Emblème prévue sur la place Simone Veil, à proximité immédiate de la gare. Ce 29 juillet, le tribunal administratif de Nancy a invalidé l'accord de médiation signé par les trois parties en décembre 2024 pour débloquer un projet enlisé dans différents contentieux depuis 2019. Le protocole prévoyait le rachat, par la collectivité, de la parcelle prévue pour la tour Emblème, pour un montant de 2,25 millions d'euros. Le groupe Nouvel Habitat obtenait en contrepartie, pour un prix de 1,9 million d'euros, un terrain situé dans un autre quartier de la ville, la Zac d'Austrasie, pour y réaliser un ensemble mixte activité/logements. Les deux collectivités s'engageaient également à proposer au promoteur une offre de vente sur des terrains situés rue Sainte-Catherine, sur le site de la future cité administrative.

Consulté sur la licéité de cette vente croisée, le tribunal a estimé « ne pas pouvoir conclure à l'existence de concessions réciproques et équilibrées entre les contractants ». Il a par ailleurs jugé illicite l'article dans lequel la ville engage son pouvoir de délivrance de documents d'urbanisme.

Saga judiciaire

Dans un communiqué commun, la Métropole et la Ville se disent prêtes à reprendre la discussion, tout en soulignant que « cette décision ne remet nullement en cause la non-réalisation du projet Emblème sur la place Simone Veil ». Lancé en 2017 par Nouvel Habitat avec l'aval de l'ancien maire de Nancy, Laurent Hénart, alors président du Parti radical, ce projet de tour de 27 mètres de hauteur accolé à la tour Thiers a été annulé par son successeur Mathieu Klein (PS) dès le début de son mandat en 2020. La société City Zen, en charge de la réalisation du projet, a alors saisi le tribunal administratif de Nancy pour contester les refus d'autorisation d'urbanisme qui lui avaient été opposés. Le Parquet a par ailleurs ouvert fin 2020 une enquête – toujours en cours – suite au signalement de la délégation lorraine d'Anticor pour vérifier la régularité de l'opération prévue. La saga judiciaire va donc se poursuivre.

PB