La Fédération nationale des Schémas de cohérence territoriale (SCoT) organisait ses 19es Rencontres à Arcachon (Gironde), les 19 et 20 juin.
La Fédération nationale des Schémas de cohérence territoriale (SCoT) organisait ses 19es Rencontres à Arcachon (Gironde), les 19 et 20 juin. Au programme : la question de l’adaptation des territoires à l’accélération des phénomènes climatiques comme les inondations et incendies. Et l’émergence d’un mot qui ne fait pas partie du champ lexical de l’aménagement : le renoncement…
Et si les territoires apprenaient à « renoncer » ? A quoi ? A certains aménagements voire à des projets urbains, sur fond de dérèglement climatique accéléré. Le mot est maintes fois revenu à l’occasion des 19es Rencontres nationales des Schémas de cohérence territoriale qui se sont déroulées les 19 et 20 juin à Arcachon (Gironde), autour du thème suivant : Ensemble, construire demain. Adapter le développement aux capacités des territoires. Autrement dit, il s’agissait de « s’interroger sur les façons d'adapter nos territoires à l'accélération des séquences de catastrophes naturelles », a précisé Michel Heinrich, président de la Fédération nationale des Scot qui a réuni pour l’occasion près de 500 participants.
« Le renoncement, c’est le gros mot ultime dans un comité exécutif ou un projet de développement territorial », a lancé Lucas Deutsch, co-fondateur de sinonvirgule, bureau d’études et de conseil en redirection écologique. « Or, nous nous retrouvons face à cette nécessité de planifier du renoncement dans les trajectoires d’aménagement ». Le consultant insiste notamment sur l’importance de se questionner « sur les activités économiques pertinentes ou non, à l’échelle d’un territoire ». Notamment des ressources de celui-ci, voire des risques de catastrophes naturelles futurs, susceptibles de remettre en cause des projets urbains.
Caen la Mer en précurseur
A l’image récemment de Caen Presqu’île. « Notre programme prévoyait 2 300 logements sur une friche industrielle », a précisé Emmanuel Renard, le président du Pôle métropolitain Caen Normandie Métropole et vice-président de Caen la Mer. « Nous devions signer les premiers lots en juillet 2023. Mais au printemps précédent, le rapport du GIEC est publié, prévoyant une accélération de la montée du niveau de la mer… La décision de renoncer a été prise en un quart d’heure dans le bureau du président… »
Comme le souligne Michel Heinrich, « le fait de renoncer à des projets qui paraissaient idylliques parce qu’on n'est pas en capacité de garantir leur pérennité, représente quand même un concept assez nouveau dans l'aménagement du territoire ». La décision reste toutefois assortie « d’une forme de courage politique », renchérit Hervé Lefebvre, président du SCoT de Gascogne. Sur son territoire, il se profilerait tout bonnement une « guerre de l’eau » comme il le dit, appuyé par Elodie Galko, présidente de l’Agence de l’eau Adour-Garonne : à ses yeux, d’ici 2050, il faudra en substance composer sur son territoire « avec deux fois moins par rapport à aujourd’hui »…
David Picot

