Sous l’effet du bouleversement climatique, Nantes Métropole revoit sa copie concernant un versant de la ZAC Pirmil-les-Isles. En l’occurrence le secteur Pirmil-Saint-Jacques, qui voit son parc agrandi et les futurs logements érigés sur un sol déjà artificialisé.

« Quand l’époque change, les projets urbains aussi doivent changer… ». Ce précepte, Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes (Loire-Atlantique) et présidente de Nantes Métropole, l’a déjà convoqué pour revoir l’aménagement urbain de la Petite-Hollande. Imaginé en 2017, ce dernier a été revu et corrigé par Henri Bava (Agence TER) en 2023. C’est-à-dire, complète-t-elle, « après la crise sanitaire et après des épisodes de canicule », qui se multiplient. Ce 24 juin, elle a ainsi annoncé une nouvelle « redirection » ou autre « bifurcation écologique », cette fois-ci à l’échelle du projet urbain Pirmil-les-Isles, partie Saint-Jacques, puisque rappelons-le, la zone d’aménagement concertée (Zac) de 150 hectares s’étend sur deux pôles - avec également Basse-Ile - distants de quelques centaines de mètres. « Nous avons demandé à Obras et d’Ici-Là de retravailler le projet pour pousser plus loin les curseurs sur la place de la nature afin de créer encore plus d’îlots de fraicheur » appuie Thomas Quéro, adjoint délégué à l’urbanisme durable. Un parc de 3,5 hectares, soit un de plus que prévu à l’origine du projet en 2018, prendra forme ici. Son nom, le parc de la Confluence, en l’occurrence celle de la Sèvre nantaise et de la Loire. Au passage, ce parc existe déjà mais… « personne ne le voit, n’y même n’y accède car en l’état, il invite peu à la balade », reconnaît l’élu. Et pour cause, le lieu est situé entre un axe routier majeur qui le longe et la Loire. 

Moins de logements

Dans une première version du projet, cet espace de forme triangulaire devait accueillir du bâti et proposer ainsi de majestueuses perspectives sur la Loire. Sur le nouveau plan-guide, « la partie logement a glissé sur ce qui est aujourd’hui la voirie », poursuit Thomas Quéro. « Nous conservons ainsi de la pleine terre et venons construire du logement sur un secteur déjà artificialisé ». De son côté, la paysagiste et urbaniste Sylvanie Grée (D’Ici-Là), à la tête depuis fin décembre dernier, du groupement lauréat de la maîtrise d’œuvre urbaine de l’Ile-de Nantes, parle surtout « de réparer cet espace vert qui ne va pas bien », à cause notamment de l’instabilité de la berge. « La canopée est à renouveler », avec l’enjeu de penser ce lieu « comme un refuge climatique ancré dans l’ADN du site ». 

La « redirection » comprend aussi la programmation. Sur le plan chiffré, 600 logements figurent désormais au programme, « dont la moitié en logements sociaux et abordables », glisse Johanna Rolland. Dans la version initiale, il était question de 1 000 logements, cela représente donc 400 de moins alors que le pôle Basse-Ile reste lui à 2 300. Par ailleurs, 25 000 m² de surface de plancher tertiaire et de commerce étaient envisagés contre 11 000 m² de bureau, 800 m² de commerces de détail et 2 700 m² d’activité et de services dans le nouveau plan-guide. Le vert a donc gagné de l’espace sur le gris…

David Picot