249 M€ : c’est le montant de l’enveloppe du nouveau protocole de financement d’Euroméditerranée approuvé par l’Etat et les collectivités (ville de Marseille, métropole Aix-Marseille-Provence, conseil départemental des Bouches-du-Rhône et région Provence-Alpes-Côte d’Azur) ce 5 février à Marseille. 

249 M€ : c’est le montant de l’enveloppe du nouveau protocole de financement d’Euroméditerranée approuvé par l’Etat et les collectivités (ville de Marseille, métropole Aix-Marseille-Provence, conseil départemental des Bouches-du-Rhône et région Provence-Alpes-Côte d’Azur) ce 5 février à Marseille. 

Trente ans après le lancement de cette opération d’intérêt national (OIN) qui a revitalisé les quartiers portuaires de Marseille (479 ha), « ce sixième protocole fixe la feuille de route de l’établissement public d’aménagement (EPAEM) jusqu’en 2040 », a précisé sa présidente, Laure-Agnès Caradec lors d’un point presse ce 6 février. Prorogée de cinq ans, la nouvelle échéance de l’OIN doit permettre à l’EPAEM de boucler les derniers projets appelés à reconfigurer les secteurs en friche de la façade littorale nord et de l’arrière-port, notamment les espaces qui jouxtent le faisceau ferroviaire du Canet. Une ancienne gare de fret que l’EPAEM compte transformer en vaste coulée verte (16 ha) en 2031. Au mois de décembre 2024, l’aménageur a confié le pilotage de cette métamorphose écolo d’un coût de 64 millions d’euros au paysagiste Michel Desvigne. 

Cette sixième convention sera prise en charge à hauteur de 86 % (216 M€) par les partenaires publics de l’OIN selon la clef de répartition en vigueur depuis vingt ans : Etat (33,3 %), métropole AMP (21,4 %), ville de Marseille, région Paca et CD 13 (15,1 % chacun), l’EPAEM assumant le solde (33 M€) en mobilisant les subventions des différents fonds mis en place par l’Etat (fonds vert, fonds innovation, fonds friches, etc).

                                                               Carte de l'extension de l'OIN. @ EPAEM

5 ans de plus

249 millions, c’est quelque 100 millions de plus que l’enveloppe de crédits du cinquième protocole paraphé en 2019 qui couvrait la période 2020-2030. Depuis, les nuages ont obscurci l’horizon macro-économique. « Les contextes national et international sont déstabilisants. La crise immobilière qui en découle a demandé des adaptations en asséchant les ambitions des investisseurs », explique Aurélie Cousi, la directrice générale de l’EPAEM. Un chiffre suffit à dire cette diète soudaine : la chute du nombre de logements autorisés. En 2024, 295 logements dont 57 locatifs sociaux ont ainsi obtenu leur sésame administratif au sein du périmètre de l’opération, soit 43 % de moins qu’en 2023 (513 logements autorisés dont 103 LLS). Contre vents et marées venues d’outre-Atlantique, Euroméditerranée se pose en oasis contracyclique. « Les fonds sont sécurisés pour les quinze ans qui viennent », affirme Laure-Agnès Caradec qui se réjouit d’« avoir obtenu l’engagement de Valérie Létard », la ministre chargée du logement, « malgré les incertitudes budgétaires ». Une confiance que l’élue marseillaise met sur le compte « de la crédibilité de l’opération ». Avec 9 900 logements neufs livrés et 5 280 réhabilités depuis le lancement de l’OIN en 1995, l’EPAEM a atteint un petit peu plus de la moitié de son objectif de 19 000 logements neufs.

Produire 500 logements/an

« L’objectif est de tenir un rythme d’environ 500 livraisons par an », avance Aurélie Cousi. Une cadence que la directrice compte respecter en veillant aux équilibres « entre ambition architecturale, accessibilité des logements à tous les publics et modèle économique ». L’équation promet d’être compliquée dans ces quartiers au tissu effiloché par le déclin industriel post-décolonisation qui sont restés longtemps à l’écart des radars des acteurs de l’immobilier. Un défi qui n’effraie pas l’ancienne directrice de l’architecture : « Avoir un établissement public d’aménagement est une chance. On crée de la stabilité dans un monde incertain... ».  

W. A.