Créé par Efficacity, l’ADEME et le CSTB avec le soutien du ministère de la Transition écologique et de la DGALN, l’Observatoire Quartier Énergie Carbone entend structurer la trajectoire bas carbone de l’aménagement urbain français. Une démarche indispensable à l’heure où les exigences climatiques se précisent, mais où les repères méthodologiques restent encore disparates. 

Créé par Efficacity, l’ADEME et le CSTB avec le soutien du ministère de la Transition écologique et de la DGALN, l’Observatoire Quartier Énergie Carbone entend structurer la trajectoire bas carbone de l’aménagement urbain français. Une démarche indispensable à l’heure où les exigences climatiques se précisent, mais où les repères méthodologiques restent encore disparates. 

Le jeudi 3 juillet 2025, au lendemain d’intenses jours de canicule, l’Observatoire Quartier Énergie Carbone, ayant pour objectif de généraliser les bilans énergie-carbone dans les projets d’aménagement et de structurer une méthode partagée entre les acteurs, livre ses premiers résultats. S’appuyant sur le logiciel UrbanPrint, capable d’évaluer les impacts environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie, cet outil étend l’accompagnement d’Efficacity à l’échelle des quartiers. Un changement d’échelle décisif pour Étienne Crépon, président du CSTB, car c’est au niveau des quartiers que les décisions d’aménagement peuvent produire des effets conséquents sur la décarbonation. L’Observatoire construit autour de la méthode Quartier Énergie Carbone (« QEC ») évalue quantitativement l’impact énergétique et carbone d’un projet d’aménagement dès sa phase de conception, en intégrant contexte local, scénario urbain, hypothèses de chantier, matériaux, mobilités, eau, déchets, voire le stockage carbone dans les sols. L’Observatoire fournit alors un cadre d’aide à la décision en repérant les leviers les plus efficaces à chaque phase du projet, pour un bon nombre d’opérateurs et de bureaux d’études qui ne dialoguent pas avec un langage commun. Urbanprint, déjà présenté au Forum des Projets Urbains de Paris en 2022, a depuis modélisé plus de 10 millions de m² de bâtiments au sein desquels évoluent plus de 370 000 personnes, l’équivalent de la ville de Nice. Cette masse de données permet aux aménageurs d’identifier les leviers de décarbonation les plus efficaces, facilitant ainsi une trajectoire plus rationnelle et partagée vers la neutralité carbone. Patrice Vergriete, président d’Efficacity, souligne également les enjeux de transparence démocratique portés par l’Observatoire, qui permet d’informer les citoyens sur les progrès réels de la décarbonation, au-delà des effets d’annonce.

L’Observatoire met ainsi en valeur le fait qu’en moyenne ce sont 1,18 tonne de CO2 par usager et par an qui ne sont pas émises, représentant à l’échelle de la centaine d’opérations accompagnées plus de 80 000 tonnes de CO2 par an. Ces données en libre accès, calculées à partir d’un projet de référence en fonction de sa temporalité pour coller au mieux aux diverses situations (RT 2012, RE2020), sont ensuite détaillées en fonction des secteurs d’émissions et d’usages des projets : tertiaire, mixte, résidentiel… Les données se complètent également d’une typologie des projets en fonction de leurs surfaces mais aussi de leur proportion d’espaces verts. Pour Nadia Tahri, Directrice de l’engagement responsable et innovations chez Espaces Ferroviaires, ces données ont permis d’élaborer un cadre d’actions adéquat à la filiale du groupe SNCF à partir d’opérations exemplaires. L’Observatoire a permis à Espaces Ferroviaires d’identifier les marges de manœuvre vers la décarbonation.

L’Observatoire Quartier Énergie Carbone propose donc un cadre de travail pour accélérer la transition écologique de l’aménagement urbain, y compris auprès de plus petits opérateurs. Les données seront mises à jour annuellement et sont à découvrir sur le site internet d’Efficacity.

Photo : carte des projets référencés par l’Observatoire national Quartier Énergie Carbone. © Efficacity

Jules Duhamel