Paysagistes-concepteurs ? Organisé à Nantes (Loire-Atlantique 10-12 septembre), le 61e congrès de la Fédération internationale des Architectes-paysagistes (IFLA) a mis l’accent sur l’appellation franco-française de la profession qui semble faire l’unanimité contre elle. D’autant plus dans le contexte de changement climatique. Explications. 

Paysagistes-concepteurs ? Organisé à Nantes (Loire-Atlantique 10-12 septembre), le 61e congrès de la Fédération internationale des Architectes-paysagistes (IFLA) a mis l’accent sur l’appellation franco-française de la profession qui semble faire l’unanimité contre elle. D’autant plus dans le contexte de changement climatique. Explications.  

Voilà une french touch dont les spécialistes français du paysage se passeraient bien…Mise en lumière à l’occasion du 61e congrès de l’IFLA (International Federation of Landscape Architects – Fédération internationale des Architectes-paysagistes), qui a regroupé plus de 1400 participants issus de 60 pays, du 10 au 12 septembre dernier à Nantes (Loire-Atlantique), elle porte justement sur l’appellation de la profession : « Partout, dans le monde, il est question d’architectes-paysagistes », pose Henri Bava (Agence TER), en charge de l’organisation de cet évènement au titre de la Fédération française du Paysage (FFP) qu’il préside. « En France, nous nous faisons appeler paysagistes-concepteurs ». Lorsque le terme ‘concepteur’ est précisé… Le comble comme l’a rappelé l’Américain Charles Waldheim (Harvard University Graduate School of Design (Cambridge - Massachusetts), c’est que l’appellation d’architecte-paysagiste provient de… France : « Frederick Law Olmsted, concepteur de Central Park à New York, l’a ramenée aux Etats-Unis à la suite d’une visite en France. Il s’était rendu au Bois de Boulogne pour s’en inspirer et a lu cette mention sur un panneau mentionnant les créateurs de ce lieu ». Résultat, en France, l’appellation ‘paysagiste’ reste mal comprise tellement elle regroupe quantité de professions : « des producteurs, les pépiniéristes, des entrepreneurs paysagistes… tout le monde est un peu paysagiste. Nous devons vraiment revenir à une appellation universelle car nous sommes dans un marché international », reprend Henri Bava. En coulisses, des discussions sont entamées avec l’Ordre des Architectes. « Nous ne demandons pas un domaine réservé. Nous souhaitons juste être appelés par notre nom, qui est celui qui existe dans tous les pays », poursuit le président de la FFP. Lequel met en avant les « porosités entre les disciplines ». Et quelques évolutions.

Le sol en point de départ

Longtemps cantonnés à la partie végétale de la planification, les architectes-paysagistes apparaissent aujourd’hui au pilotage de groupements de maîtrise d’œuvre urbaine. A l’image de Sylvanie Grée (D’Ici Là), à l’échelle de l’Ile de Nantes. Leur crédo : partir du sol. « C’est relativement nouveau de repenser l'aménagement et l'urbanisme par le sol », enchaîne Henri Bava. « Nous ne refaisons plus la ville par le bâtiment mais par le sol, porteur de vie et d’espoir. C’est d’autant plus important dans le contexte de changement climatique car c’est à partir du sol que nous allons pouvoir rafraîchir, infiltrer l'eau, mettre davantage de végétation ». 

Ce fut d’ailleurs le fil rouge de cette 61e édition, organisée autour du thème Guiding landscapes : « que les paysages puissent nous guider vers une adaptation climatique et de faire en sorte que notre terre soit vivable et désirable. Le paysage n’est plus une sorte de complémentarité de la ville. Il l’englobe », insiste-t-il. Jacqueline Osty (Osty et associés) le rejoint en tous points. Comme elle l’a rappelé, « le paysage constitue bien plus qu’un cadre pour la ville. Il est le socle, l’origine, et l’horizon. C’est lui qui relie les échelles du brin d’herbe à l’horizon, qui tisse les liens entre passé et avenir, entre usage quotidien et enjeu planétaire. Dessiner la ville par le paysage, c’est une manière d’habiter le monde en l’enrichissant plutôt qu’en l’épuisant ».

DP