« Mais où donc est le projet global ? » A ceux qui s’inquiétaient d’un déficit de cohérence dans le réaménagement du vaste site DMC à Mulhouse (68), les collectivités locales répondent par la mise en place d’une maîtrise d’œuvre urbaine. La consultation organisée par la Ville, la communauté d’agglomération M2A (Mulhouse Alsace Agglomération) et leur société publique locale Citivia SPL a rendu
son verdict à la fin du printemps dernier. Une équipe trinationale, franco-germano-suisse, d’architectes (l’agence mulhousienne DeA mandataire, avec Kuhn & Lehmann de Fribourg-en-Brisgau), paysagiste (Sortons du Bois) et bureaux d’études (Cetec structure, le bâlois Cabane Partner pour la stratégie urbaine, Perl Environnement, Imaee pour les énergies et les fluides et l’économiste Etmo) a été désignée, face aux candidatures au dernier tour de Carta-Reichen, Chemetoff & associés et du duo Richter - Michel Desvigne. La mission entamée se déroule en application d’un accordcadre pluriannuel, lui-même découlant de la concession d’aménagement attribuée depuis 2022 à Citivia SPL pour un montant de 27,8 millions d’euros HT, aidé entre autres par le fonds Friches.

Elle poursuit des visées multiples : requalification des espaces publics, réorganisation des deux axes traversants du site et conception de la réhabilitation d’une construction majeure, le « bâtiment 62 ». Ses premières conclusions, attendues dans le courant de 2024, sont fortes d’enjeux pour un projet d’envergure : le devenir de 110 000 m2 de bâtiments érigés sur un gros siècle, du début du XIXe à la première partie du XXe, au fur et à mesure de l’expansion de l’entreprise textile DMC (Dollfus, Mieg & Compagnie) qui allait faire de celle-ci la championne mondiale du fil à broder. Ces constructions se répartissent dans un espace ayant historiquement fonctionné en autarcie entre ses murs, telle une « cité interdite » comme elle fut surnommée. « Il s’agit désormais de la transformer en un quartier connecté au reste de la ville », résume Jean-Philippe Bouillé, adjoint à l’urbanisme et président de Citivia SPL. « L’approche unifiée d’un marché de maîtrise d’œuvre commun est apparue plus simple pour la gestion des interfaces entre les espaces publics et le bâti », justifie Agnès Perez, directrice générale de Citivia. 

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Projet complet à lire dans Traits Urbains n°140 - Décembre 2023 / Janvier 2024